#metoo



Hello internet

On se retrouve aujourd'hui avec un article pas comme les autres. C'est ce genre d'article qu'on écrit sur un coup de tête, l'envie de partager, de coucher des mots sur un "papier" et de tout balancer comme ça. Alors, d'avance pardon si ce n'est pas très clair, mais c'est un sujet très important à mes yeux. Et désolé, pas de petits gifs drôles pour cet article, c'est un sujet assez sérieux.

Depuis maintenant un mois, je pense que tout le monde a vu que ça y est : enfin les langues se délient. Oui, depuis un mois, les mots "harcèlement sexuel" et "viol" ressortent quasiment tous les jours. Tout ça grâce à une femme courageuse, qui a réussi à prendre la parole, à dénoncer un homme apriori très protégé et intouchable, ce qui a entraîné ce qu'on pourrait appeler un "effet boule de neige".

Cet homme, c'est Weinstein, ce protégé de Hollywood. Des dizaines et des dizaines de femmes ont commencées à prendre la parole, publiquement, pour dire que OUI cet homme est un violeur, un harceleur. C'est à ce moment là, au bout du dixième témoignage que je me suis dis "ça y est, on arrive au moment où tout va exploser." Et c'est ce qui est entrain de se passer sous nos yeux.

Suite à cette affaire, d'autres femmes du milieu du cinema ont osé témoigner contre des acteurs, producteurs, chanteurs.... Mais "nous", les femmes "ordinaires", on a aussi pu ENFIN témoigner sans avoir peur, ou presque. L'arrivée du #metoo a fait beaucoup de bruit sur twitter. Sur facebook, les gens ne comprenaient pas trop ce qu'il se passait. 

J'ai tweeté #metoo. Car comme une très (trop) grande majorité de femmes, j'ai été harcelée, j'ai été agressée sexuellement. Et j'ai été admirative de toutes ces femmes qui osaient, qui osaient "balancer leurs porcs", qui osaient enfin occuper un espace de parole pour créer une prise de conscience générale. 
Je suis aussi admirative des femmes qui n'ont pas osé témoigner. Admirative de leur courage, de leur force. 

Malheureusement, ce serait trop beau si tout cela se déroulait tranquillement, si on nous écoutait enfin. Il a fallu qu'encore une fois, on essaie d'invisibiliser la parole des femmes pour privilégier celle des hommes (coucou la une du parisien). Et ce n'est pas tout, sur twitter, combien de femmes ayant témoigné sous #metoo ou #balancetonporc ont été insultées de menteuses, de putes, de salopes, tout cela par des hommes qui nient le fait que dans notre société, un viol est commis toutes les 6mn en moyenne. 

Sachez messieurs, que dire "ouais, bizarrement tout le monde a été harcelé d'un coup comme par hasard il y en a une qui parle et tout le monde se réveille" ou encore dire qu'une femme n'a pas pu être agressée à cause de son physique fait de vous une raclure de chiottes. Et que c'est évident que si une femme ose parler, plusieurs vont s'y mettre, car elles se disent enfin qu'elles ont peut être une chance d'être entendues. Vous le savez bien, à deux on est toujours plus fortes, alors imaginez à 100, à 1000....


Ca a été très éprouvant, de voir tout ces tweets mauvais, cette méchanceté gratuite envers des personnes qui sont parfois détruites, et ce pour la vie. Etre sur les réseaux sociaux (je parle notamment de twitter même si certains commentaires sur facebook sont à gerber aussi) est très éprouvant en ce moment, pour les femmes qui comme moi ont témoigné, et pour les autres, qui n'en avaient pas l'envie ou pour qui ce n'était pas le moment. 

J'étais si heureuse de voir ce mouvement féminisme qui se montait, que les femmes osaient enfin exposer sur la place publique les horreurs qu'on subit et avec lesquelles on doit vivre. Et tout ça a été détruit par une bande d'abrutis, se pensant invincibles sous prétexte qu'ils sont derrière un écran, lançant des insultes à tout va, sans même prendre la peine d'essayer de comprendre de quoi on leur parle. Ces mecs là, j'ai de la peine pour eux, et en même temps, j'aurais envie de tous les détruire. 

Ca fait un mois. Et chaque jour des nouveaux témoignages de personnalités connues font leur apparitions. Et chaque jour, des personnes se permettent de remettre en cause la parole des victimes (par exemple l'affaire avec Ed Westwick, Chuck Bass) sous prétexte qu'un homme connu n'a pas besoin de violer pour coucher, et que de toute façon elles cherchent juste le buzz et l'argent, qu'elles sont bien contente de coucher pour avoir des rôles. Et quand je lis tout ça, j'ai envie de vomir, et j'ai envie de pleurer.


J'ai envie de pleurer car nous sommes en 2017, en France, un pays qui se vante d'être le pays des droits de l'homme, mais apparement pas celui des droits des femmes. Nous sommes en 2017 et on cherche encore à cacher un des plus grand problème de notre société : l'oppression faite aux femmes, le viol, les agressions, et tout ce qui s'en suit. 
Nous sommes en 2017 et nous ne pouvons toujours pas aller déposer plainte au commissariat si nous avons été victimes d'agressions sexuelles, de harcèlement de rue ou de viol, car on remettra encore une fois notre parole en cause. On nous demandera comment nous étions habillée, que "bah oui mais avec cette tenue fallait s'y attendre".
On est en 2017 et nous nous sentons toujours en insécurité, beaucoup de femmes n'osent pas sortir seules le soir, n'osent plus porter de jupe car "ça évite des problèmes". 
J'ai envie de pleurer, car nous sommes en 2017 et que lorsqu'on donne des preuves que le harcèlement, les agressions et les viols sont une réalité de la vie des femmes, on en rigole encore, et on vous dit "alala, les femmes, vous quand vous dites non ça veut dire oui". 
Nous sommes en 2017 dans le pays des droits de l'homme et on tape toujours sur les féministes, on perpétue la culture du viol et on accepte des actes d'agressions sexuelle à la télévision. 

Alors, à toutes les femmes qui vont me lire, j'aimerais vous dire que vous êtes fortes. Que notre parole sera toujours remise en cause, mais qu'il ne faut pas avoir peur de crier. Vous êtes courageuses, vous êtes inspirantes. A celles qui ont osé dénoncer leur harceleur/violeur, je vous admire, à celles qui ne l'ont pas fait, je vous admire aussi. Personne n'a le droit de vous culpabiliser à ce sujet. Vous êtes légitimes, vous avez le droit à la parole, vous avez le droit de ne pas vouloir parler, vous avez le droit de vivre. 

GIRLS SUPPORT GIRLS

Lizzy

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